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Ecoutez.... Ecoutez....
Il y a toujours un chant, quelque part dans la pièce. Il y a toujours un air qui vogue entre deux éclats de verre tranchants. Il y a toujours, derrière les grincements atroces du métal rouillé,
une mélodie. Elle se meurt d'ailleurs. Le saviez-vous ?
Lorsque vous tendez l'oreille, entendez-vous ? Non... C'est bien dommage, regrettable même. Peut-être que le temps vous a rendu sourd, et cela ne se soigne pas. Acceptez, et ayez la bonté de
gagner vous-même le placard en sapin ; vous pourrez au moins rassasier votre manque olfactif.
Ah, si, vous entendez ? Et quoi donc s'il vous plait ? Veuillez me le dire ; envoyez-moi des lettres, des missives. Ou alors, faites-moi passer un message par voie aérienne. Ou encore un mail, ou
un commentaire, ou toutes ces choses dénuées de la moindre profondeur humaine, dans lesquelles il n'y a, justement, plus le chant. Oui, celui que vous entendez.... Et moi non, d'ailleurs. J'en ai
bien peur.
J'ai peur d'avoir perdu l'oreille, celle qui entend le Chant, la musique, la résonance absolue d'un univers n'ayant jamais connu Platon. Ou Pythagore. Surtout celui-ci, qui croit me faire
envieux, jaloux, parce qu'il entend, lui. Et je le suis, jaloux.
Nous perdons, tous, vous et moi, peu à peu, l'oreille, l'audition, la perception de ce qu'il se passe dehors, au fond, dans les tréfonds d'une âme que nous brûlons petit à petit sur un bûcher ne
connaissant que le chant de la mitrailleuse lourde. Et du plomb.
Je deviens sourd… Je deviens sourd… Je vais, peu à peu, m’enliser dans les lieux communs, les comparaisons douteuses, le regard anthropocentriste, pire qu’Aristote cette fois.