Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 21:25

A la Lune qui veille, je crache vos songes. Aux astres qui hurlent, je froisse votre paix ; coutelas tendre, âme tournoyant dans un ciel débordant du trop-plein de lumières. Il faudra que les siècles coulent, lentement ; si la paix n'existe pas, nous la créerons. Si la joie ne se vit pas, nous la fabriquerons, pierre après pierre. Si l'amitié n'est que l'illusion d'une individualité masquant ses nécessités derrière de faux sentiments, nous ne serons plus humains, mais bêtes de vie, êtres de sens, affects, brouillards, tourbillons, envols et piqués dans un ciel encore vide, vierge, vouant nos vagabondages à être une tendre fuite sans fin. Si l'amour n'existe pas, nous aurons l'honneur, peut-être la seule gloire possible, de l'inventer, […]
Publié dans : Tout ceci est bien compliqué, mon cher.
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 21:25

- Quand je serai grand, je serai… - Tu seras une sous-merde, comme tes ancêtres ! C'est ce que l'on répond au petit garçon ; mortifié, il va jouer avec ses soldats en plomb, vagues silhouettes verdâtres. A certains, il manque un bras, une jambe, séquelles de rances rancoeurs, âcres et ronronnantes, ayant rongé les membres de ces fantassins trempés dans l'acide. Un jour, il enjambe la clôture qui le sépare du monde civilisé ; il quitte la ferme douceâtre, aux murs gangrenés par les cafards et les plantes parasites, pour se confronter aux nuages épais que crachent les machines civilisées. Son périple est sans encombre, ressemblant à un de ces voyages initiatiques maintes fois décrits, le long de routes interminables, à travers de vastes […]
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 21:24

"Je ne veux pas être le cliché de la déchéance" écrivait-il, ses mains ayant parsemé le papier rêche de nombreuses empreintes, telles des signatures informelles. "Il est si facile de vivre vite, mal, sans regarder la trace grise que laisse son propre passage sur le futur vierge que l'on défiait crânement. Je vomis le conformisme, mais je ne suis pas nihiliste ; il me semble impossible de destiner ma vie à une simple course, avec la dépendance comme unique adversaire louable. Ils s'enfoncent autour de moi, et j'ai peur ; je vois ceux qui déjà, lassés de cette fuite aux allures prétendument héroïques, mais en réalité médiocrement craintives, regardent le flacon se remplir peu à peu et s'enfoncer ainsi dans les flots, sans chercher à en […]
Publié dans : Parfois, la tradition a du bon, non? Ah. Désolé.
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 21:23

Parce que la plume tourne dans un encrier de poix. Parce que la facilité devient habitude, l'habitude quotidien, le quotidien écoeurement, l'écoeurement nausée. Parce que la nuit, l'étoile filante devient pierre, que la pierre s'écrase dans la fange, qu'elle se casse, qu'elle libère le précieux, que le précieux tranche la veine. La veine laisse couler l'eau vive, le flux faiblissant de vieillesse ; ce flux choit et pourrit. De cette pourriture naît le lierre, qui enlace l'arbre, qui en meurt. De l'arbre qui meurt naît l'Homme, qui tourne la plume dans un lourd calfat. Courbé sur le reflet bleuté que lui renvoie l'écran, dénué de tout charme désuet, l'Homme dérive dans un flot de perceptions exacerbées, de délires éveillés, de […]
Publié dans : Rapide, efficace, et déjà mort.
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 21:23

Les feuilles, élégantes parures, rougeoient puis tombent en lentes volutes brunes. Seul demeure un tronc sec, semblant à tout moment prêt à s’effondrer, faible et maladif, malgré de fats défis au temps ; poussières dispersées par le souffle d’un Eole capricieux aux mille vents qui courent, voilà ce qui le menace. Cependant, lorsque fuient les artifices, reste, fier et droit, le gardien de l’essentiel. Brave, téméraire, un lierre s’enroule autour du tronc, l’entoure, semble s’en nourrir. Il parait menaçant, parfois fait peur. Malgré tout, jamais il n’étrangle ; il étreint.
Publié dans : Parfois, la tradition a du bon, non? Ah. Désolé.
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