Il y a une sirène qui sonne dans la rue. Elle martèle un rythme strident, un son régulier. Elle signale que l'incendie gagne peu à peu du terrain. La vieille chapelle, celle qui sonne des heures déjà séculaires, va bientôt brûler. Tant mieux, me direz-vous, ça fera de la place pour les vivants. L'incendie est lave. L'incendie est crachats. L'incendie est dans le hurlement de ceux qui utilisent leurs voix pour redevenir ours. Et encore. Imaginez... Je ne peux pas vous dire de fermer les yeux, vous me perdriez. Cependant, pour une fois, tentez de voir au delà de la plume maladroite, qui a perdu l'habitude de la légèreté. La plume trop chargée de ciment et de plâtre pour tenter de voler, même par vent fort. Même par tempête vous dis-je. […]
Ecoutez.... Ecoutez.... Il y a toujours un chant, quelque part dans la pièce. Il y a toujours un air qui vogue entre deux éclats de verre tranchants. Il y a toujours, derrière les grincements atroces du métal rouillé, une mélodie. Elle se meurt d'ailleurs. Le saviez-vous ? Lorsque vous tendez l'oreille, entendez-vous ? Non... C'est bien dommage, regrettable même. Peut-être que le temps vous a rendu sourd, et cela ne se soigne pas. Acceptez, et ayez la bonté de gagner vous-même le placard en sapin ; vous pourrez au moins rassasier votre manque olfactif. Ah, si, vous entendez ? Et quoi donc s'il vous plait ? Veuillez me le dire ; envoyez-moi des lettres, des missives. Ou alors, faites-moi passer un message par voie aérienne. Ou encore un […]
Quand Il, quand Lui ; quand Ca écrase de toute sa puissance les valeurs. Quand Eux, quand Ceux-là ; quand Tout se rebelle contre cet incendie. Quand Partie, quand Particule ; quand Organe se détache, perd le but fixé. Quand Clèves, quand Montmartre ; quant à Culture, elle meurt. Quand Sang, Quand Pavé ; quant à la Violence, elle divise et gagne. Quant aux idéaux foulés, quant aux idéaux foulés, quant aux idéaux foulés… Nous nous réveillerons, à moitié, le matin de notre nouvelle conscience, songeant à tout ce que nous avons déjà vécu des siècles durant, dans notre chair, dans notre esprit et notre âme. Nous penserons à briser le cycle. Nous rassemblerons notre courage vacillant, nous ferons face au plus grand ennemi, Peur Inculquée, pour […]
[Je précise que ce texte a été écrit dans le cadre d'une soirée "contes", et ne se veut donc rien d'autre... té, qu'un conte tiens!] Ainsi dura Baso Baso la Forêt, sentant la torpeur l’envahir, se souvenait… Sa naissance, sa croissance, tout cela lui semblait appartenir à un autre âge maintenant ; lorsque les premiers bourgeons apparaissaient dans les ramures de ses premiers arbres, la Terre n’était pas encore cette vieille Gaïa, aigrie de tant de souffrance. Baso partageait alors avec elle le fruit, la fleur, l’air ou l’eau. Il est des histoires dont la longueur fait que leur récit devient laborieux et superflu : il en est ainsi de la jeunesse de Baso. Nous nous contenterons de dire qu’elle découvrit peu à peu sa constitution, son sol, […]